HISTOIRE DE L'ÉGLISE, par dom Charles POULET
édition fac-simile, qualité 2, 2 volumes 14,5x20, 1235 pages  :
60 € 

— L’auteur va de siècle en siècle ; il a eu l’excellente idée de faire suivre chaque période de Textes et documents : c'est un ensemble d’écrits assez courts qui mettent le lecteur en contact avec les sources mêmes et les documents sur lesquels s'édifie l'histoire. Nous citons celui de Tacite, qui redonnera foi et vaillance aux fidèles qui cherchent la vérité dans ce monde que l’avenir désignera sans doute du nom d’ère de la calomnie ; ère où la persécution du tréfonds des âmes est la règle.

Citons Tacite :

— « … Le cri public accusait Néron d'avoir ordonné l'incendie de Rome. Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d'autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d'hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pontius Pilatus. Réprimée un instant, cette exécrable superstition se débordait de nouveau, non seulement dans la Judée où elle avait sa source, mais dans Rome même où tout ce que le monde enferme d'infamies et d'horreurs afflue et trouve des partisans. On fit de leurs supplices un divertissement : les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par des chiens, d'autres mouraient sur des croix, ou bien ils étaient enduits de matières inflammables, et, quand le jour cessait de luire, on les brûlait en guise de flambeaux. Néron prêtait ses jardins pour ce spectacle, et donnait en même temps des jeux au Cirque, où tantôt il se mêlait au peuple en habit de cocher, et tantôt conduisait un char. Aussi, quoique ces hommes fussent coupables et eussent mérité les dernières rigueurs, les cœurs s'ouvraient à la compassion en pensant que ce n'était pas au bien public, mais à la cruauté d'un seul qu'ils étaient immolés. »

(Tacite, Annales, Livre XV, 44.)

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Couverture : Gérard David (vers 1500) : Lamentation..