JEAN SOBIESKI, EUGENE DE SAVOIE ET LES TURCS
extrait du tome XXXVIIème, p. 574 à 590 de l’histoire générale de l’église écrite par l’abbé J-E Darras reprise par l’abbé Bareille et achevée par Mgr Justin Fèvre

Belle édition entièrement recomposée avec lettrines, 40 pages, 14,5 x 20 : 5 €
(port 1,70 €)

Lettre aux éventuels amnésiques : la Turquie n’a rien oublié.

Citons d’abord Leibnitz, lors de son ambassade à Paris, proposa à Louis XIV, qui s’en moqua, un plan destiné à servir de base solide à la paix de l'Europe :
« Pour arriver là, il faut que les nations de la famille européenne suivent la voie qui leur était assignée. Ainsi, au lieu de se combattre entr'elles, s’entr’aider pour repousser les Turcs. Quant à la France elle est appelée par la Providence de Dieu à être le chef des armées chrétiennes dans le Levant, the soldier of the Christ, dit Shakespeare. Elle est appelée à nous donner des Godefroy de Bouillon et surtout des S. Louis. Alors s'accomplira le voeu de la sagesse : Ne faites plus que la guerre aux loups et aux bêtes féroces. »
Puis Lamartine :
« Eugène de Savoie à Zenta (1697) après Jean Sobieski à Vienne (1683), vengèrent par l’épée deux siècles de défaites subies par les chrétiens en Occident. Leur nom retentit du Danube à la Seine et au Tibre, comme celui d'un Godefroi de Bouillon, et devint populaire dans les chants des poètes comme dans les entretiens des chaumières. Aux yeux des populations chrétiennes, Zenta fut plus qu'une victoire politique ; c'est la victoire décisive du Christ sur Mahomet. Les hommes de guerre qui font triompher de telles causes, ne sont plus des héros ; ce sont, aux yeux des foules reconnaissantes, des incarnations de la Providence. »

On sait, par une relation d'un conseiller aulique, Jean-Pierre de Welekeren, quel dessein nourrissait le sultan et de quelles troupes il disposait. Le chef des croyants s'était engagé, pour anéantir la foi catholique. Le grand vizir Cara-Mustapha avertit les Viennois : « …c'est la loi de notre prophète… nous vous poursuivrons de la plus terrible haine ; vos richesses et vos biens vous seront arrachés ; vous, votre famille, vos enfants, vos femmes, tous sans exception, vous serez condamnés à la mort, sinon à la plus cruelle captivité.
Le 14 juillet 1683, (les Viennois) virent s'approcher l'armée des Turcs, leurs chariots, leurs chameaux, leurs chevaux, dont on ne pouvait compter l'immense multitude. La colline de Saint-Marc et la rive droite du Danube furent envahies. L’Empereur Léopold avait fui. En pareil cas, on doit se faire tuer, si l'on ne peut mieux faire ; et si l'on sauve misérablement sa vie, on tombe sous l'anathème de la morale antique : Et propter vitam vivendi perdere causas.
Les Turcs, au nombre de 168,000 hommes, se distribuèrent pour prendre rangs autour des remparts. Après dix-huit assauts repoussés, la ville était réduite aux dernières ressources.
A tout instant on pouvait se dire que le secours si nécessaire, sollicité avec tant d'instances par Innocent XI, était encore bien éloigné du terme de sa course. Mais la parole donnée par le grand Sobieski avait été bénie de Dieu.
Sobieski, à la tête de l’armée libératrice arrive pour la bataille. Les forces catholiques s'élevaient à 75.000 hommes : c'est tout ce que la chrétienté avait pu opposer aux 300.000 défenseurs du Croissant. Jean III Sobievski fit élever en plein air un autel qui dominait le camp. Un capucin, Marco d'Aviano, envoyé par Innocent XI, y dit la messe ; l'armée polonaise l'entendit avec recueillement. Quant à Sobieski, à genoux sur les marches de l'autel, la tête inclinée, les bras étendus, il servit humblement la messe et y communia. Dans son acte de fervente adoration, le héros suppliait Dieu de l'aider. Le spectacle était grand et austère : « c'est au pied de cet autel, dit Mgr Gaume, que Sobieski gagna la bataille. »

C'est le samedi, onze septembre 1683, que l'armée polonaise était arrivée. Le lendemain, jour du Seigneur, le différend séculaire entre l'Europe et l'Asie, était soumis encore une fois au Dieu des combats.

A l'ordre qui régnait parmi les chrétiens, à la précision de leurs manoeuvres, Selim-Ghéraï (commandant les Turcs) reconnut Sobieski : « Le roi de Pologne est là, » dit-il au Vizir, et cet aveu, répandu parmi les infidèles, suffit pour les frapper d'épouvante.
Près de cette tente était le lieu des exécutions. Là, les bourreaux exécu­taient les mécontents, les soldats fatigués, ceux qui annonçaient l'arrivée de So­bieski, ceux qui doutaient de la victoire et de la marche triomphale de Cara-­Mustapha sur Borne. Au lieu de faire manger l'avoine à ses chevaux dans Saint-­Pierre, Cara-Mustapha eut la tète tranchée à Belgrade, le 3 décembre 1683. La tente d'exécution fut brulée par ordre de Sobieski, elle était, pour l'armée chrétienne, une glorieuse inutilité. Quant aux chiffres respectifs des pertes, il faut élever un peu celles des chrétiens et diminuer celles des Turcs. L'éclat de cette victoire consiste précisément en ce qu'elle fut plus décisive que meurtrière. Une moindre force en brisa une trois fois plus grande sans l'anéantir. Dieu n'est pas toujours avec les gros bataillons.

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